Presque tous les ans le Carrefour Européen du Patchwork fait une place de choix aux ouvrages de broderies. Cette année ce sont les abécédaires et marquoirs, de la collection personnelle de Joke Visser, que nous avons eu le plaisir de découvrir ; un témoignage émouvant de l’éducation des petites filles d’alors.
Pour l’histoire :
Appelés « marquoirs » en France ou « samplers » aux Etats-Unis, ces ouvrages textiles sont réalisés au point de croix ; point initialement utilitaire qui s’est rapidement enrichi d’embellissements divers pour raconter l’histoire locale, la tradition éducative, et le passé culturel, du pays duquel il est issu (par exemple aux Etats-Unis, pays d’émigrants, la maison est très souvent représenté car elle symbolise un élément de stabilité).
Marquoir de 1882
Marquette de 1882
En France le point de départ de ces exercices est le « marquage du linge », une pratique indispensable pour reconnaître son linge lors des lessives communes aux lavoirs et qui fait vite place à de véritables œuvres d’art.
Plusieurs éditeurs* d’alors proposent des « livrets de marque » dont les fillettes s’inspirent pour réaliser des « marquettes » (petits carrés de canevas souvent brodés de fils rouge ou blanc et bordés d’un fil de la même couleur).
* Alexandre, Cartier et Bresson, Sajou…
Marquette de 1895
L’apprentissage commence par les lettres de l’alphabet les plus simples pour terminer avec les nombres ; la brodeuse réalise ainsi le plus souvent un alphabet mais aussi des lettres isolés qu’elle peut conserver dans les pages de son « cahier de couture » témoin de son savoir faire de future maîtresse de maison accomplie.
Abcécédaire de 1897
Après ses premières séries d’exercices vient la réalisation du « marquoir », un ouvrage de référence indispensable pour marquer ou chiffrer le linge de maison et qui accompagnera la brodeuse tout au long de sa vie. Ces derniers se transmettent de mère en fille ce qui pousse chacune des brodeuses à signer son ouvrage, (contrairement au linge du trousseau où la jeune fille ne brode que l’initiale de son prénom attendant de connaître celui de son fiancé), on peut donc y lire : nom et prénom de naissance, mais aussi date de réalisation, lieu de résidence, ou classe fréquentée.
Marquoir de 1901
Marquoir de 1902
Si l’on utilise communément la couleur rouge, (qui est préférée aux autres car elle est « symbole de vie » mais aussi plus résistante aux lavages multiples), les motifs et messages brodés sont propres à l’éducation de la jeune fille qui les exécute, c’est pourquoi on peut y trouver des leçon de morales, des prières ou symboles religieux, mais aussi d’émouvant témoignages d’amour filiale.
Toutes ses spécificités font de ces ouvrages d’unique troublant témoin de vie qu’il est bon de savoir apprécier à leur juste prix !
Abécédaire de 1928
Mais que se passe t’il ? J’entends une voix qui me dit que mon sac est joli ? Oh surprise c’est la délicieuse Léa Stansal qui vient à ma rencontre, pourtant j’étais discrète ?! Oups…
Une découverte très agréable car cette personne est un vrai rayon de soleil !
Heureuse journée
Ecrire pour dire.../ Post a Comment - Lire les 10 confidences















