Dimanche 20/06/2010
Attaché à l’histoire de l’Homme je le suis de ses vestiges, c’est donc avec un fébrile plaisir que je chine afin de conjuguer présent et passé dans mon foyer ; encore une journée qui va m’offrir cette extraordinaire possibilité !
Grâce à :
Ce pot de chambre « Jardinière » de la faïencerie Sarreguemines. Ébréché et mal collé, il m’a été offert par une gentille dame « Pour débarrasser la maison des affaires de la mémé ! », selon ses dires qui me font sourire car échos de mots de mon enfance. Je recueille donc cette âme en perdition, la recolle proprement m’émerveillant au passage de « ses beaux restes ».
Pour les amateurs de ces belles faïences je conseille la visite du blog de Johanna, qui chine des pièces exceptionnelles ; c’est ici, en un petit clic, sur le blog : « Mes faïences, mes Merveilles ».
Dans le temps pour veiller les chambres d’enfants étaient présentes images pieuses, ou d’anges gardiens. Ces derniers se manifestent avec ces deux grands cadres en chêne, qui à défaut viendront protéger la mienne. L’une des vitres de ceux-ci n’est pas d’origine*, dépolie par endroits je la changerais dès que possible, mais refais en attendant l’étanchéité des encadrements. Outre cet indice, ces pièces étant héritage de la grand-tante du charmant jeune homme de soixante-dix printemps, qui me les concède, je puis me faire une idée approximative de leur bel âge…
* Résidus de sable mais aussi souffles de vie emprisonnés à tout jamais au cœur de la matière, sont autant de traces qui attestent de l’ancienneté d’un verre, et servent de repères pour sa datation.
Un tas disparate de morceaux d’imprimeries attire mon attention… J’opte pour l’adoption de ce numéro de « L’illustration » datée du 29 avril 1911, certes en miettes mais qui fourmille d’informations intéressantes sur les us et coutumes du début du 20ème siècle.
Pièces exceptionnelles par leur beauté et rareté ces deux brosses à moustaches, ou barbes, sont une grande chance ! Si toutes deux exhalent encore un délicieux parfum masculin, elles savent se distinguer par leur style. L’une arbore sous l’argent les jolis motifs floraux de l’Art Nouveau, l’autre à l’intérieur de son étui en cuir, enferme dans sa composition le même métal accompagné de mystère.
Quelle est cette énigme ? Marier Napoléon III et bakélite, est contradictoire ; ce que fait pourtant la délicieuse personne qui me vend cette dernière. En effet on confond généralement bakélite et ébonite, deux matières très anciennes qui diffèrent par leur utilisation, et date de fabrication. L’affaire se complique encore si l’on rajoute la galalithe au mélange!
L’époque de cet objet n’étant pas discutable me reste donc à rectifier la matière utilisée et citer l’ébonite.
Pour l’histoire :
Bakélite et ébonite ont été très utilisées dans les industries électriques, mais aussi pour la réalisation d'objets ménagers, de décoration, et de joaillerie ; elles séduisent par leurs propriétés mécaniques, qui leur confèrent un grand intérêt dans le processus de fabrication. Elles ont été progressivement détrônées par les matières plastiques modernes.
La bakélite est une résine Phénol Formol obtenue par condensation ; sa mise au point finale se fait en 1916. Souvent marron, rouge foncé, rarement beige, elle peut être marbrée par adjonction de particules pendant l'élaboration. Cette matière est cassante et difficile à polir.
L'ébonite est un mélange de caoutchouc et de souffre que l'on vulcanise ; formule finalisée en 1851. Parfois marbrée de rouge ou de vert elle est généralement noire ; elle peut toutefois prendre des reflets verdâtres avec l'âge, selon les conditions de fabrication. Cette substance cassante peut être polie.
Petits trucs :
- Pour distinguer ces 2 matières, on peut examiner leur couleur, mais aussi odeur
- Si l’on mouille, gratte ou frotte l'ébonite, elle dégage une odeur de caoutchouc brûlé
- Le même test sur la bakélite dégage une odeur d'appareil ou de composant électrique
qui a chauffé ou brûlé
Si aucune de ces 2 odeurs n'est détectée, on peut être en présence de la galalithe. Matière polymère formée à base de lait. Son procédé d'obtention, découvert en 1889, a été affiné au début du 20ème siècle par un chimiste français, qui trouve le moyen d'insolubiliser la caséine en y rajoutant du formol qui garantit sa conservation. Elle fut beaucoup utilisée dans les années 1920-1930 en bijouterie.
Il est des coups de foudre qui laissent des marques, comme le démontre l’ovale translucide de ce cadre Napoléon III. Loin de renoncer à cet écrin de plâtre, j’applique du silicone pour assurer l’étanchéité de cet amour naissant, consolidant de ce fait mes attaches au Second Empire. Afin de détourner les regards de ce stigmate presque invisible, mais aussi ajouter de la douceur à l'ensemble, je le borde d’une de mes belles et précieuses dentelles.
Appréciant sa curiosité je partage avec vous le cabinet virtuel d’Eric Poindron, étrange découverte d’un monde de merveilles...
Sainte Odile me charme dans sa prison de verre et d’argent. Ce médaillon, au style flatteur, me rappelle son Mont, que j’aperçois de mes fenêtres de salon les jours d’hiver qui dépouillent les arbres de la propriété avoisinante, m’offrant de ce fait le spectacle de son imposante silhouette couronnée de pierres dédiées à son appel…
Un manche de cousette s’ajoute à la fête ! Ce fil d’Ariane me mènera t’il jusqu’à l’objet initial ? Quoiqu’il puisse en être elle est une main tendue vers le secret de mes rêves…
Tout chineur sait qu’à trop vouloir trouver un objet on en détourne la providence. Complément de celui tant convoité je suis tout de même enchanté par ce support en fonte émaillée ; ne me reste plus qu’à trouver fer à chausser !
Pour l’histoire :
Si les techniques d’émaillage des céramiques sont connues et maîtrisées depuis l’Antiquité, il faudra de nombreux essais durant la première partie du 18ème siècle pour aboutir à celles de la fonte et acier. Après 1850 elles connaissent un développement rapide.
Jusqu’au milieu du 19ème siècle les ustensiles de cuisine sont en bois, métaux bruts, ou étamés, ce qui ne leur procure qu’une durée de vie limitée, ainsi qu’un usage réduit. L’émail est la réponse trouvée pour pallier à ses défauts, et tendre vers la qualité de la porcelaine. Il empêche l’oxydation, peut passer du fourneau à la table, mais surtout ce matériau ne retient ni les bactéries, ni les odeurs ce qui le rend propre et sain.
Tout comme sœurette cousette cette adorable boite de cubes ne m’offre pas son intégralité, et je dois me contenter du contenant sans le contenu. Une déconvenue qu’il m’est facile de surmonter grâce au petit prix annoncé, et les possibilités de joli rangement qu’elle possède.
Avant...
Après...
Après avoir « bouclé » le déménagement, puis les valises, de mon amie Fabienne, c’est à mon tour de faire la mienne !
Une trop longue attente de voyages attriste son carton, mais qu’importe, celui que je propose semble lui convenir, nous allons donc faire route ensemble : première escale au pays du collage grâce au Catalogue de Timbres Postes de 1906, que je vous avais présenté ici ; une deuxième dans la contrée des pochoirs, pour attester de notre destination finale ; radicale, la dernière passe par le vernis afin que perdure dans le futur les traces de notre aventure !
Je termine cet article par quelques évasions en ligne :
De petites chines, rien que « du beau linge » sur le site « Au Baroque ».
Du plaisir avec « e-mag déco », magazine du web dont on peut découvrir les magnifiques articles en s’inscrivant simplement à la newsletter.
Le dépaysement avec la vision unique de l’artiste « Simon Bugnon » (découvert grâce « à l’Air du Tarn », merci Minie !)
Fabuleuse journée
Ecrire pour dire.../ Post a Comment - Lire les 18 confidences














