Cette journée avait si délicieusement commencée… enfin première chine à l’air libre depuis plus d’un mois maintenant et pour ajouter à notre plaisir, le soleil au rendez-vous pour des instants de bonheurs intenses...
Une première rencontre avec Dieu sous la forme d’une petite médaille et d’un objet
pieux, plus loin, le stand d’une femme charmante où m’attend sagement un joli miroir sur pied, celui-ci finement ourlé d’une frise de roses accompagnées d’autres demoiselles parfumées. Faisant
mine de m’éloigner monsieur Souris Joli me tire, non sans ménagement, par la manche en me murmurant, gardant une certaine confidentialité afin de pouvoir éventuellement négocier, « regarde
ces pièces ne te plaisent-elles pas ? », pauvre de lui qui me fournit avec élégance la corde pour le pendre, car oui je veux bien me pendre à son cou en apercevant un joli costume trois
pièces de porcelaine Anne Ehret, tasse, soucoupe et assiette à dessert dont le bouquet de fleurs me fait penser à un autre d’un service bavarois déjà
chez moi. Je cède donc, non sans délectation, à cette douce tentation….
Chemin faisant je me fais la réflexion de l’absence d’objets au charme d’antan avec
qui je pourrais entamer une romance mais en écho à mon appel mystique je découvre avec plaisir une vingtaine de cartes postales s’échelonnant sur une période de 1910 à 1914, issues d’une
correspondance de deux jeunes épris, qui plus est l’une plus jolie que l’autre pour un prix qui me semble raisonnable après négociation. Je décide donc de les glisser dans mon sac avec
moult précautions, il serait dommageable d’avoir traversé les âges pour finir écorné dans ma maisonnée !
Les objets défilent sous nos yeux, parade dénuée de paroles mais non de
conversations car les rencontres sont nombreuses et chaleureuses et nous ne goûtons pas notre joie de nous trouver dans se défilé aussi fièrement doté, le beau temps pour allié, quand tout à coup
ma machine s’affole, je perd la boussole, les rouages de mon esprit se grippent et je m’enlise dans…..
Douce et belle journée
Evy