Après ce passage quelque peu mouvementé de frayeurs d’été quoi de plus normal pour
un joyeux festival estival que de parer Présent Passé de couleurs vives et chatoyantes loin des tourments du vent aux humeurs changeantes.
Je laisse carte blanche à ma charmante Fabienne, ancienne poupée noire, probablement
une Fleischmann, couleur d’un doux souvenir d’enfance qui me manque particulièrement, le soin d’organiser un goûter avec les invités de son choix, ce qu’elle exécute avec joie, triant sur le
volet ses amitiés comblées charmées par cette idée.
Sont donc invités : sa petite poupée noire, en matière composite, qui ne la
quitte jamais, un tigre polisson de salon, en vérité un adorable chaton en peluche au corps de paille, chut ne le dites pas il pourrait ce vexer car il se prend pour le roi de la savane, mais
s’il devait lui prendre la folie des grandeurs le gentil Valéry, ici en photographie, se fait fi de lui rappeler qu’il peut aisément devenir le roi des savates sous sa cravache sans faire
l’acrobate.
La table est vite dressée sans toutefois trop se presser, sous un parasol de
tournesol la broderie virevolte afin d’accueillir porcelaine anglaise, cristal, ivoire et pacotilles pour faire honneur au soleil qui brille.
Mais dans cette charmante assemblée un intrus c’est mêlé, sur la fleur à peine
éclose le danger guette, ouvrez vos mirettes, il s’habille de perle orange et jaune pour faire oublier que l’on peut verser des larmes de crocodile quand l’amour se défile, fort heureusement cela
n’est pas de mise ici car tous nos protagonistes le file parfaitement, bien sagement.
Le cristal sonne sous les flûtes qui se cognent, le temps s’écoule au son des
souvenirs évoqués, imagé celui d’un séjour à Ypres en août 1916 d’un certain André perdu dans les méandres du temps, ne reste de lui que ces images d’un autre âge qui nous rappelle combien
les voyages sont importants car ils défient le temps et marquent les mémoires de merveilleuses histoires. Un autre nous regarde de son air mystérieux, serait-il envieux ? Accroché au
revers d’une veste d’hier devait être important, qu’il se rassure il l’est tout autant aujourd’hui posé à Présent. Mais le plus précieux d’entre eux se fait silencieux, il dort au creux du cœur
de ce soleil au visage intemporel, immortel il est cheveux d’ange, souvenir de l’âge tendre qui auréolait la tête de monsieur Présent Passé, par le passé coupé afin de témoigner de ce qui a
été.
Ainsi s’achève ce goûter particulier, particulièrement apprécié, saupoudré de
souvenirs égarés.
Ayant goûté aux joies de l’amitié partagée nos amis se promettent de remettre le
couvert pour boire un verre bien avant de se mettre à couvert pour passer l’hiver, afin ne pas sombrer dans l’oubli d’un livre d’image pour enfants sages que l’on visionnerait le soir sans trop
savoir pourquoi, ne retenant de cette fable qu’un souvenir affable rangé tout au fond de sa mémoire sans aucun devoir.
Merveilleuse et douce journée,
Merci de vos messages d’amitiés qui m’ont sincèrement touchés