Pour vous conter ma passion il me faut démêler l’Histoire au fil d’un art…
Crazy Quilt :
L’histoire du Crazy Quilt (patchwork « fou ») démarre aux alentours de 1800 en Angleterre. Cette technique d’assemblage de tissus, très populaire à la période Victorienne, suscitera les passions jusqu’aux années 1910, pour ensuite décliner sans toutefois cesser d’exister.
(La date exacte de son origine est discutée ; ainsi que son nom ; on l’apparente à la découverte de belles céramiques trouvées dans le pavillon japonais à l'Exposition de Philadelphie Continental en 1876.)
Pour les Victoriens le mot «fou» signifie : sauvage, cassé, ou éclats insensés ; les courtepointes ainsi confectionnées devant reproduire cette brisure. Pour cela on utilise des tissus de différentes matières, coupés de façon aléatoire.
En règle général l’ouvrage n’est pas quilté (piqué), il est le plus souvent soutenu par une doublure, les coutures étant embellies de points de broderies.
D’abord confectionnées par une classe aisée, les couvertures de ce style n’ont pas une vocation usuelle, on leur préfère les salons ou elles sont admirées pour le travail, les matériaux, et dessins produits ; ce qui explique la transmission de ces pièces délicates de génération en génération. (Sont notamment utilisés : soieries, brocarts et velours.)
Faire une courtepointe pour collecter des fonds était très populaire aussi ; on faisait appel à la générosité de gens célèbres en leur demandant une pièce de vêtement qui pourrait être intégrée à la couverture. L’argent réuni ainsi servait à aider les missionnaires, construire une église, ou tout autre noble cause.
Vers 1900 l’engouement du Crazy Quilt touche plusieurs couches sociales et se destine à un usage quotidien ; sont alors recyclés : gants de toilette, denims, cotons, et rebuts de vêtements.
Crazy Quilting :
Un des attraits du Crazy Quilt est l’embellissement de ses coutures, pour se faire points traditionnels et de broderies s’enchevêtrent jusque dans l’espace vide des tissus, mêlant dans leur danse d’autres techniques…
Les Crazy Quilts des classes aisées de l’époque Victorienne étaient abondamment embellis. Les coutures et tissus s’enrichissent de broderies, fils, rubans, dentelles, peintures, perles, breloques, boutons, broches, métaux, rien n’est trop beau ! Parfois on y trouve des vers (poésies) ou des retranscriptions d’évènements familiaux.
Les thèmes de broderies que l’on retrouve les plus fréquemment à cette période sont asiatiques, mais aussi animal et floral, sans oublier l’éventail. Les araignées et toiles d’araignées, sensées porter chance comme sur les Kilts, y sont souvent présentes.
Il n’est pas rare de trouver d’anciens Crazy Quilts dont les coutures ne comportent pas ou peu de quilting, il s’agit alors d’ouvrages confectionnés par une population moins fortunée.
Plusieurs heures de travail m’ont été nécessaires à la rédaction de cet article, j’en ressors enrichi d’anecdotes parfois troublantes certains attachements me faisant penser à de touchantes coïncidences, des fils invisibles qui me lient encore plus à cet art textile.
Belle journée