Mon petit coin de ciel alsacien n’étant pas gourmand de soleil en ce moment, il est encore temps de penser aux tenues de la saison passée.
C’est pourquoi je vous propose l'habillement, élégant, de ce numéro du « Journal de la Famille » de « La Mode Illustrée » ; que j’ai eu le plaisir de chiner l’année dernière, en compagnie d’un autre que je me réserve le droit de publier ultérieurement, après tout il faut bien faire durer le plaisir?…
Robe en soie Liberty. Modèles de Mmes Guermont et Bonnefoy.
Cette édition traite de : modes pour la famille ; variétés ; conseils pour les « petites bourses » ; droits divers ; cours de littérature française ; musique ; jeux de sociétés ; théâtre ; fêtes à souhaiter ; recettes de cuisine ; rébus, etc.
En résumé, un joli programme pour un siècle qui ne possède pas encore les joies du petit écran, mais ayant toutefois un point commun avec le nôtre: celui de la publicité ; et force m’est de constater que, quelque soit l’heure, on met tout en œuvre pour nous faire « avaler des couleuvres ».
Quelques extraits de ma lecture :
En matière de mode j’apprends que les tresses et galons, tiendront la première place dans l’ornementation des costumes printaniers.
Mais aussi qu’une invention industrielle, des plus curieuses, et des plus intéressantes, va bouleverser l’ordre naturel des choses? La soie végétal ; dite soie similisée ; vient de naître, et envahit le quotidien des brodeuses !
Je passe sous silence les nombreuses explications des confections d’accessoires, et vêtements….
Corsages de réunions. Modèles de Mlle Louise Piret.
Garniture de corsage.
Le deuil :
L’emploi du grand châle long en cachemire noir ; qui faisait partie intégrante de la tenue « du grand deuil sérieux », n’est plus obligatoire ; on lui substitue volontiers la grande mante, en drap, ou lainage noir, suivant la saison. Cette mante très longue, l’est presque tout autant que la robe ; c’est le vêtement garni de crêpe anglais, attribué aux dames de tous âges.
Les jeunes filles adoptent le collet en lainage, garni de même crêpe, et, pour l’été, le collet en même crêpe, composé de trois volants ruchés en gros plis ; ces collets ne dépassent pas la taille.
Pour les dames, le chapeau de crêpe es bordé d’un biais blanc ; quand le deuil est très sévère, (deuil de mari, de père ou de mère), le grand voile est baissé pendant environ la moitié de la durée du deuil ; on le rejette ensuite en arrière, et l’on porte une voilette en crêpe, ou bien un tulle à gros carreaux, bordés d’un biais de crêpe.
Pendant la durée du deuil, les robes en cachemire noir sont peu longues, et ne comportent aucun ornement, sinon une garniture (plastron et poignets) en crêpe anglais ; aucun bijou ; mouchoirs avec encadrement noir ; ombrelle ou parapluie noir ; gants en filoselle ou peau de Suède noirs. Jupon noir ; papier et cartes de correspondance, avec encadrement noir, dont la largeur se réduit vers la fin du deuil.
Robes pour jeunes filles. Modèles de Mlle Louise Piret.
Le conseil pour « les petites bourses » concerne la réparation de l’ivoire.
(Comme on le sait le commerce de l’ivoire est formellement interdit, mais bon nombre de chineurs ont dans leurs armoires de petites pièces qui seront peut-être heureuses de ce traitement de faveur.)
Pour blanchir l’ivoire jauni il faut : le laver avec un liquide composé de 100 grammes d’eau oxygénée et de 8 grammes d’éther. Une condition essentielle de cette méthode si simple est d’agir promptement, et en employant de l’eau oxygénée très condensée. En effet, lorsqu’il s’agit des touches de piano, on ne pourrait les mouiller longtemps sans risquer de les décoller.
(Une méthode que je n’ai pas eu le plaisir de tester, alors prudence pour cette recette, faites un essai préalable avant de commettre l’irréparable !)
Robe garnie d'applications de velours; Robe de demi-deuil.
Très bientôt la suite, et fin, de ma lecture…
Robe ornée de bandes de taffetas; Robe avec petit colet triple.
Heureuse journée