L’Histoire de l’arbre de Noël, tradition alsacienne :
En Alsace, au début du 16e siècle, les familles chrétiennes remplacent les traditionnelles branches païennes* par de jeunes arbres ; et en raison de la persistance de ses aiguilles vertes c’est le conifère qui est tout naturellement choisi, illustrant ainsi le renouveau de la nature.
Les premiers témoignages d’arbres décorés**, festifs, parlent d’une petite pomme rouge locale, la : « Christkindel Apfel*** », suspendue à ses branches.
* Les Romains, au moment du solstice d'hiver et jusqu'au 1er janvier, décoraient leurs maisons de branches vertes en l'honneur de leur dieu Janus.
**L’arbre de Noël se dit « Meyen » en alémanique ancien ; l’alémanique est un ensemble de dialectes parlés, notamment, en Alsace.
***La « Christkindel », (ou Cristkindler), est une pomme dite « de Noël ou de St. Nicolas » car elle est récoltée en octobre, et se consomme de décembre à février.
Toujours au 16e deux éléments symboliques composent le décor des arbres « officiels », garnissant les parvis d’églises, les salles municipales, voire les corporations. Il s’agit de la pomme, en rappel au péché originel d’Adam et d’Eve ; et de l’hostie non consacrée, appelée oublie, qui figure la rédemption apportée par le sacrifice de Jésus.
Dès la fin du 16è siècle les protestants font évoluer le décor en ajoutant, aux hosties et aux pommes, des papillotes en forme de roses et autres fleurs en papier multicolore. Ces fleurs sont une allusion à un verset d’Isaïe où il est question du « rameau fleuri de Jessé », et rappellent aussi les paroles d’un chant ancien : «Es ist ein Ros entsprungen », (traduction : une rose a jailli).
Ce siècle voit apparaitre le « Zischgold », qui est une décoration à base de métal réduit en fines feuilles, ou lames dorées ; il apporte une note plus brillantes à la parure.
Déjà les décorations de « traditions populaires » font leur apparition, s’éloignant des approches religieuses.
18e siècle: une, ou plusieurs, nouvelles décorations complètent, ou remplacent, les autres éléments.
Au 18e et 19e siècle la référence chrétienne s’estompe, les pommes sont remplacées par des friandises rondes, telles les noix fourrées. Les oublies deviennent des « bredele », qui accompagnent différentes confiseries et sucreries sur l’arbre. La garniture du sapin s’adresse désormais au monde enfantin, et dès la fin du siècle les enfants sont invités à secouer l’arbre de Noël, pour leur plus grande joie, sitôt passée la fête de l’épiphanie !
Puis au 19e siècle on habille les pains d’épices, et bredele, de sucre glace saupoudré de petits granulés colorés ; et on colle, sur des sujets en sucre ou en chocolat, des petites chromolithographies représentant des anges ou des étoiles.
Le pied du sapin s’entoure parfois d’une petite palissade, rappelant celle qui ferme un jardinet devant une maison paysanne traditionnelle. L’espace ainsi délimité se réfère symboliquement à celui du paradis perdu par la faute d’Adam et d’Eve ; d’où le nom de « Paradiesgärtlein » attribué en Allemagne.
Fin 19e ,après la guerre de 1870, la tradition du sapin de Noël se généralise. Des anges habillés de feuilles de métal doré, ou argenté, viennent s’ajouter au riche répertoire décoratif. Des pommes de pin sont présentes, ainsi que des étoiles en bristol blanc ou en paille dorée. Mais la grande nouveauté consiste à éclairer tout ce décor, aussi les bougies se généralisent-elles.
Toujours à la fin du 19e, et au 20e siècle, la pointe du sapin s’orne d’un ange en papier doré, avec une banderole portant l’inscription latine « Gloria in excelsis Deo » ; les rameaux du sapin sont garnis de cheveux d’anges et de guirlandes argentées ; et aux bougies se joignent les fameux cierges magiques. Les pommes du sapin des origines refont leur apparition sous la forme de boules en verre multicolores et avec elles toutes sortes d’objets en verre soufflés.
Selon l’histoire, en 1858, une grande sécheresse priva les habitants des Vosges du nord de nombreux fruits dont la pomme. Un artisan, expert dans l'art du verre soufflé et à l’imagination créatrice, décida d’imiter ce que la nature n’avait pas donné. Et de son travail allaient naître de magnifiques fruits étincelants. La boule de Noël était née…
Et le vôtre il sera orné comment cette année?
Nous refermons la porte de cet endroit d’exception, l’âme grandie par notre visite…
- En cette fin d’année la ville de Sélestat fête le sapin ; forte de posséder la plus ancienne mention écrite du sapin de Noël connue à ce jour, (dans un registre de comptes datant de 1521*, où il est question d’une dépense de 4 shillings pour payer des gardes forestiers chargés de surveiller les sapins dans les forêts municipales), elle propose au visiteur tout un programme autour de l’arbre de Noël.
* Mention exposée tous les ans, au mois de décembre, à la Bibliothèque Humaniste
Alors pourquoi ne pas vous y rendre afin d’en apprendre plus sur cette tradition ? L’occasion est belle!
Toutes les infos sont ici, en un clic.
Merci au Professeur Sappinus pour son immense savoir qui n’a d’égal que sa gentillesse !
Délicieuse journée