Aujourd’hui je reçois ; grâce au merveilleux calendrier ,déjà cité,
de la Dame des Chrys ; mes invités vont arriver et dans ma cuisine, aux tonalités du siècle passé, rien
n’est prêt, vite au travail vaille que vaille !
Je cire, je brique,
cuivres, ustensiles, fruits de mes petites chines, j’astique l’âge, mastique au passage, sans trop de heurts, deux ou trois accrocs de couleurs, puis danse de bonheur devant se spectacle de
douceur, et comme elles m’apportent beaucoup de joie, j’ajoute des petites croix à se tableau de choix, pour un peu de beau car il n’y en a jamais trop.
Me manque des saveurs, car en alsace on se tracasse à
réchauffer les coeurs quand l’hiver est de rigueur, alors à moi bredeles* et lueurs, sans oublier le grain de sel du bretzel qu’accompagnent bâtons d’orges** pour une ronde sucrée salée de
gorge.
Ses mets ne seront peut-être pas suffisant ? Fort heureusement, miel, cannelle
et épices répondent à mon appel, sous forme de pains, pour qui succombe au supplice des délices.
La mission de ma maison étant de traquer l’omission, afin de couper court à la discussion pouvant mener à la scission de mauvais ton, je m’affaire à
régaler le plus grand nombre sans encombre....
Mon sapin*** à présent décoré ; mais bientôt picoré par une misérable
indésirable, mais où est donc passé mon petit chat, ah, nul outrage il est déjà à l’ouvrage ; me reste à dresser le couvert**** et que tintent les verres pour réchauffer l’hier misère
de la disette dînette.
Voilà tout y est, le décor est planté, mais où avais-je la tête, je vais me
planter et n’aurais plus qu’à me planquer, ainsi mal éclairé, ouf voilà qui est fait !
Me reste l’amour diffusé et les souhaits de tous
exaucés pour percevoir ma maisonnée comblée par ses festivités de fin d’année.
Vous accueillir lors de ses préparatifs fût un vif plaisir; n’oubliez pas de
jouer par là, il suffit pour cela de glisser sur la page un
doux message de Noël qui émerveille;
Que votre journée soit tendre comme l’enfance…
Un peu plus…
* Petits gâteaux de Noël alsaciens. L'historique des bredele est particulièrement difficile à établir, cependant quelques indices matériels peuvent y aider, comme les moules que l'ont peut dater.
Malheureusement, ils ne donnent que peu d'indices sur l'usage qu'en faisait nos ancêtres, était-ce pour Noël, pour les grandes occasions ou tout au long de l'année ? Mais il est sûr que les
premières recettes des bredeles, dont on a trouvé des traces écrites, datent du XVI ème siècle, mais comme ses recettes étaient principalement transmissent oralement, il se peut que certaines lui
soient antérieures.
** Si l'on ouvre le dictionnaire ou un livre de cuisine, on peut s’apercevoir que le sucre d'orge est une qualité de bonbon et non une forme puisque le sucre d'orge est un sucre cuit dans une
tisane d'orge, la céréale, d'où son nom, sucre d'orge.
Le musée du Sucre d’orge de Moret sur Loing est ici.
*** C'est en 1521 que le sapin, ou arbre de Noël, ou encore arbre du Christ, a été mentionné pour la première fois en Alsace. Il représentait à l'origine l'Arbre d'Eden dans les mystères joués la veille de Noël sur les bords du Rhin. Pour le décorer, on attachait des pommes à ses branches, vinrent par la suite diverses friandises, ce qui explique qu’il était couramment suspendu au plafond, afin d’échapper à la voracité des petits rongeurs.
Encore un peu plus d’infos ici.
**** Au cours du XIX ème siècle, les maisons de poupées, à présent destinées
aux nurseries, se rétrécissent de façon à correspondre à la taille moyenne des maisons et à s’adapter au jeu d’enfants. La plupart des maisons de poupées fabriquées durant l’ère victorienne
contiennent encore des erreurs de proportions, car personne à cette époque n’avait beaucoup réfléchi à la taille que les meubles et les poupées devaient avoir par rapport aux pièces. De nos
jours, l’échelle de 1/12ème, entre autres, est reconnue dans le monde entier pour les maisons de poupées et miniatures. (1cm représente
12 cm)