Puisque le jour ne me trouve pas transformé en Princesse Grenouille,
niquedouille d’Halloween qui ne se méfie, pauvre Evy, je lisse mes moustaches fraîchement retrouvées pour vous convier à une journée de princesse, puisse t’elle être enchanteresse.
La voici contée*….
Son Altesse le duc de je ne sais plus quelle principauté, avait une charmante fillette de douze ans. Vous croyez peut-être qu’elle était très heureuse, parce que l’on a coutume de dire :
heureux comme un prince ? Eh bien ! Non ! La petite Bettina n’était pas heureuse.
Et pourtant ses moindres désirs étaient prévenus. Mais
une étiquette sévère régnait à la cour : isolée de ses parents, la pauvre petite passait sa vie en compagnie d’une noble dame aussi sévère et morose que riche en titres. Il ne fallait pas
dire une parole, faire un mouvement contraire à la dignité d’une princesse.
Comme Bettina enviait le sort de ces fillettes que, du fond de sa splendide calèche, elle voyait aller et venir librement ! La pauvre enfant s’ennuyait tellement qu’elle en devenait malade.
Le duc et la duchesse s’émurent ; ils s’empressèrent près de leur fille, mais en vain. Enfin, câline, elle finit par dire à son père : « Je m’ennuie tant ! Donnez-moi donc un
jour, rien qu’un jour de liberté ! que suivie de ma vieille nourrice je puisse employer à ma guise ! » Grand fut l’émoi du duc. Rien de pareil ne s’était encore vu à la cour !
Il céda pourtant, et, transportée de joie, la petite princesse demanda sa liberté pour le lendemain.
Les projets se pressaient dans son esprit. Les rêves les plus insensés l’assaillirent la nuit. Dès l’aube, elle était débout ; elle demanda à se vêtir d’un costume, au grand scandale de sa
gouvernante. Le temps état magnifique : Bettina se hâta de sortir du parc. Ella allait au hasard le long de la rivière, se grisant d’air et de liberté.
La campagne était déserte, mais au loin on voyait un petit village. La princesse se dirigeait de ce côté, lorsque son attention fut attirée par une vieille femme marchant péniblement, qui
conduisait deux tout jeunes enfants. La pauvre femme devait être bien infirme, car elle s’arrêtait souvent ; ses vêtements étaient propres, mais si usés, si rapiécés, et elle semblait si
malheureuse, que Bettina se sentit prise de pitié.
S’approchant, elle dit à la vieille femme : « Vous paraissez beaucoup souffrir, madame ; qu’avez-vous donc ? » « La souffrance n’est rien, ma petite, dit la vieille.
Si je suis triste, c’est que j’ai une bien grande peine. Le père de ces deux enfants est mort il y a un mois, et voilà leur mère qui vient de tomber malade. Je ne puis la faire soigner, nous
n’avons plus d’argent ; je suis trop âgé pour travailler encore. Qu’allons-nous devenir ? » Et elle fondit en larmes.
Bettina pleurait aussi : « Conduisez-moi chez vous, dit-elle. » « Mais ma pauvre petite, tu ne peux rien pour nous. » « Conduisez-moi toujours, dit l’enfant. »
Son ton ferme et digne ébranla la vieille femme qui prit le chemin de la chaumière. Bettina ne connaissait pas la misère ; la vue de ce pauvre intérieur la navra. Elle vida sa bourse plaine
d’or entre les mains de la pauvre vieille stupéfaire, et elle rentra bien vite au palais demander à son père d’envoyer à ses protégés tout ce qu’il leur manquait.
Elle était bien joyeuse, notre petite princesse, elle n’avait pas perdu sa journée, puisqu’elle avait trouvé du bien à faire. Et cette première journée de liberté avait été si bien employée
qu’elle en obtint facilement d’autres.
Puisse la vôtre être judicieusement employé
* Planche extraite de l’Album d’Images pour Fillettes, imprimeur et éditeur Louis Vagné, imagerie de Pont-à-Mousson, nouvelles images artistiques aux armes de France,
vers 1900.
Cette imprimerie de l’Est de la France fut très populaire pendant tout le XIXème siècle, en activité de 1849 à 1914 elle produisait des planches; à thèmes religieux, fables ou contes de
fées, événements historiques, anecdotes moralisatrices; mais aussi, des jeux de découpages, devinettes etc.
On trouve des planches de cette fabrique dans diverses
bibliothèques ou musées notamment celui du Papier de Pont-à-Mousson .
une bien jolie histoire de générosité..
et de nos jours, il y a encore tellement de différences ,dans notre société, deux fossés sont entrain de se creuser...les gens riches, et les gens pauvres..et plus ça va aller, et plus le fossé va s'écarter, s'il ne font rien...ceux qui nous gouverne..
bisous
véro
Mon constat de la société dans laquelle nous vivons est pessimiste ; entre pertes et profits, à qui profite le crime ; notre source de vie est plus que compromise ; des agissement qui rendent difficile ma confiance en l’espèce humaine.
Heureuse journée Véronique
Par malheur les personnes désintéressées ne sont pas légion, ce qui les rend d’autant plus intéressantes.
Ici pas de manteau blanc, malheureusement car ceux de mon enfance me manquent, maudit réchauffement climatique, mais le froid est d’actualité.
Douce journée Josie de neige poudrée
merci, pour ce bon moment
bon WE
BIZ md
Je suis heureuse de lire ta lecture plaisante car cette histoire n’est que la première de ce bel album d’images.
Heureuse journée à ta maisonnée MD
Beaucoup d’histoires, qui se veulent moralisatrices, garnissent les pages de cet album, qui comme tu le soulignes son tristement d’actualité. Croire que la distribution des richesses mondiales peut-être équitable au 21ème siècle est plus qu’illusoire, elles appartiennent à 3% de la population, triste constat qui explique bien des choses…
Heureuse journée douce Fidji
tendre bisous pour une douce soirée
( mon projet vient de voir le jour enfin, sur mon blog ! )
Partager ses rêves est si plaisant !
Enfin dévoilé ton projet est tout simplement un enchantement, bravo à toi !
Douce journée tendre Flo
La découverte de cet album, lors de ma chine cet été, fut un moment très heureux, son contenu sera livré au fur et à mesure sur mes pages pour de doux voyage d’enfants sages.
Merci de déposer ta gentillesse sur mes lignes
Douce journée merveilleuse Christelle
Gros bisous Evy
Employée à aimer les siens est un cadeau divin, et il ne fait aucun doute que cette félicité soit abondante dans ton foyer.
Douce journée gentille Joëlle