Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise
C'est l'unique reliquat, l'unique trace de vie.
Toute seule elle est assise, orpheline de l'enfant
Comme autrefois elle l'était parmi ses jouets
Auprès du lit de l'enfant sur une petite table
Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,
Avec ses grands yeux comme en ont toutes les poupées du monde
Qui du haut du tas de cendre ont un regard étonné
Et regardent comme font toutes les poupées du monde.
Pourtant tout est différent, leur étonnement diffère
De celui qu'ont dans les yeux toutes les poupées du monde
Un étrange étonnement qui appartient qu'à eux seuls
Car les yeux de la poupée sont l'unique paire d'yeux
Qui de tant et tant d'yeux subsiste encore en ce lieu,
Les seuls qui aient resurgi de ce tas de cendre humaine,
Seuls sont demeurés des yeux les yeux de cette poupée
Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre,
Et jusqu'à ce qu'il nous soit terriblement difficile
De la regarder dans les yeux
Dans ses mains, il y a peu, l'enfant tenait la poupée,
Dans ses bras, il y a peu, la mère portait l'enfant,
La mère tenait l'enfant comme l'enfant la poupée,
Et se tenant tous les trois c'est à trois qu'ils succombèrent
Dans une chambre de mort, dans son enfer étouffant.
La mère, l'enfant, la poupée,
La poupée, l'enfant, la mère.
Parce qu'elle était poupée, la poupée eut de la chance.
Quel bonheur d'être poupée et de n'être pas enfant
Comme elle y était entrée elle est sortie de la chambre,
Mais l'enfant n'était plus là pour la serrer contre lui,
Comme pour serrer l'enfant il n'y avait plus de mère.
Alors elle est restée là, juchée sur un tas de cendre,
Et l'on dirait qu'alentour elle scrute et qu'elle cherche
Les mains, les petites mains qui voici peu la tenaient.
De la chambre de la mort la poupée est ressortie
Entièrement avec sa forme et son ossature,
Ressortie avec sa robe et avec ses tresses blondes.
Et avec ses grands yeux bleus qui tout pleins d'étonnement
Nous regardent dans les yeux, nous regardent, nous regardent.
Moshe Schulstein - Auschwitz
À la mémoire de la passionnée Annie, et sa bien-aimée petite fille Sarah
Bien à vous
Une dure réalité quelque soit le moment, malheureusement…
Tendresse Pascale
Tristement...
Douce journée Jacqueline
Que d'émotions, que tu me fait partager, j'ai des frissons qui me parcourent le corps, la musique ajoutant à la triste réalité...
Bisous Emilie
La puissance des mots pour décrire un quotidien effroyable, qui n’a épargné aucun âge. Une période qui a plus que tristement marquée l’histoire, puisse une pareille monstruosité ne jamais se reproduire.
Tendresse Emilie
Ce ne sont pas mes mots mais ceux de Moshe Schulstein, déporté à Auschwitz. Ils décrivent tristement toute l’horreur de cette période de l’histoire ; et font tristement échos aux décès d’Annie et sa petite fille Sarah, mortes toutes deux récemment. (Le lien de leur amie est dans l’article.)
Une pensée pour ceux qui pleurent des êtres chers...
Douce journée gentille Eliza
Auschwitz,le camp de la mort,de l'extermination,des destins tragiques balayés par des hommes d'une telle cruauté...ne jamais oublier...cette musique magnifique,ces voix poignantes,le beau texte de Moshe Schultein,tout est d'une telle intensité,que j'éprouve un immense chagrin...la poupée est gardienne des dernières larmes,des dernières embrassades,des dernières paroles,d'amour atrocement anéanti...l'histoire est écrite sur un même manuscrit,les destins peuvent s'entrecroiser...merci douce Evy,pour ces témoignages boulversants.bisous
Il ne fait aucun doute qu’elles soient toutes deux, maintenant, dans un monde bienveillant. C’est un évènement si tragique. Je n’avais le plaisir de connaître Annie qu’à travers les échanges que me relatait Virginie, il y avait une réelle amitié entre elles deux. Ne reste que le temps pour apaiser la douleur qui doit être la sienne en ce moment.
La musique de Vangelis est un bouleversement à elle seule, j’aime beaucoup cet artiste qui sait si bien exprimer les émotions à travers son art.
Un épisode parmi les plus sombres de l’histoire ; ayant traversé de telles épreuves on ne peut qu’essayer de survivre, après. Moshe Schulstein a justement décrit cette horreur, malheureusement quotidienne pour beaucoup à l’époque ; ces mots sont d’une rare intensité. Ils sont tristement semblables à ceux que l’on pourrait écrire aujourd’hui pour décrire les affreuses morts d’Annie et Sarah.
Une profonde pensée à tous ceux qui pleurent leurs disparus…
Tendresse douce Josie
J ai seulement compris la gravité des faits invoqués par cette comparaison avec AUSCHWITZ en lisant ton commentaire , une vraie tragédie ..mes condoléances a cette famille entiere dans le drame bises de christiane csr
Il n’y a rien à pardonner Christiane !
Je tiens à préciser que je suis une modeste personne, avec des savoirs qui le sont tout autant, alors je ne mérite pas tant de compliments, merci.
Une ancienne tragédie pour une récente qui l’est tout autant, la perte d’un enfant doit être insoutenable.
Une pensée pour ceux qui pleurent des êtres chers.
Tendresse pour une douce journée
bises pour une belle fin de semaine
Les mots de Moshe Schulstein sont d’une incroyable force, et décrivent parfaitement l’horreur de la situation.
Une pensée pour les disparus, ainsi qu’Annie et sa petite fille Sarah mortes trop tôt.
Tendresse Lou
Tout comme l’Homme la vie peut se montrer si belle mais aussi si cruelle.
Une pensée à tous ceux qui pleurent des êtres chers…
Douce journée Glycérine
paix à son âme et à sarah.....
bisous peggy
Difficile de trouver les mots dans de pareilles circonstances, ceux de Moshe Schulstein me semblaient tristement justes.
Une pensée à tous les disparus…
Tendresse Peggy
toutes mes pensées vont à Annie et Sarah... A Virginie aussi que je ne connais pas...
Et à toi Evy, merci de leur rendre hommage de si belle façon...
Tristes évènements de l’histoire, aucune mort n’est justifiée, toutes se valent, mais lire celle d’un enfant est toujours pour moi un grand bouleversement.
Une pensée à tous ceux partis trop tôt…
Tendresse Pascale, sans oublier Ton Sud
On ne peut que « survivre » en ayant vécu de pareilles horreurs. Mon grand-père était aussi prisonnier, dans un camp russe, dont il avait réussi à s’échapper. Il ne parlait jamais de ces évènements.
Une pensée pour toutes les victimes dans le monde, et pour Annie et sa petite fille Sarah, mortes récemment.
Douce journée Josiane
La folie à prit tristement visage à cette époque, l’horreur avait un nom, au nom de quoi ????
Ce texte si bouleversant fait échos à la brutale disparition d’Annie et sa petite fille Sarah, mortes toutes deux, récemment, dans un incendie
Une pensée pour toutes les victimes de guerres et pour elles qui n’ont éclairées que trop brièvement le temps de leur présence.
Douce journée Audelia ;
il me faut encore publier ta gentillesse, pardon pour ce retard…
Elle est très belle!!!
Il faut vraiment que je te montre celle de ma mère.
Bisous à vous deux + deux!!!
J’avais déjà présenté Suzanne il y a de cela quelque temps, mais je ne voulais pas une poupée « parfaite » pour illustrer ce triste morceau d’histoire, il me fallait un témoignage de vie qui ne soit pas « intact ».
Un article en mémoire d’Annie et sa petite fille, mortes toutes deux récemment dans un terrible incendie.
Tendresse à vous trois
Plus jamais çà ! Il ne m’a pas toujours été donné d’apercevoir le bon côté de l’Homme, mais je reste confiante…
Cet article est en mémoire d’Annie et sa petite fille Sarah, mortes toutes deux récemment ; le lien de leur amie est dans mon article, il suffit de cliquer sur la phrase qui est en rose.
C’est à moi de m’excuser pour la confusion ; là est en effet des renseignements que j’ai déjà donné en ligne, alors pas de malentendu entre nous, tout est correct, merci de ta sollicitude Christiane.
Douce soirée
Mais les hommes sont ils encore capables d'humanité !!!
Puisse une pareille atrocité ne jamais se reproduire !
Malheureusement cet article en mémoire d’Annie et sa petite fille, mortes toutes deux dans un incendie, depuis peu. (Le lien de leur amie est dans mon article)
Douce soirée Colette
Un très beau texte pour une réalité bien laide. Mais un triste évènement peut en cacher un autre, c’est pourquoi celui-ci s’adresse à Annie et sa petite fille, toutes deux mortes récemment dans un terrible incendie. (Le lien de leur amie est dans mon texte)
Puisse l’humanité apprendre de ses fautes…
Douce soirée Christelle
elle restera à jamais dans mon coeur. Je suis si triste et elle me manque terriblement.
Aucun remerciement Virginie, il est triste de poster un article en leur mémoire, j’eus aimé le faire de leur vivant.
De tout cœur avec toi en cette difficile épreuve
Tendresse