Mon printemps




Je m’allonge dans l’herbe.
Le sol est humide de rosé et me chatouille les pieds.
Je ferme les yeux, hume l’air et ses parfums.
Le chant des oiseaux me berce par sa mélodie de trilles.
Une douce chaleur effleure mon visage, le soleil n’est pas loin.
Je rouvre les yeux et regarde les nuages.
Comme ce ciel est beau.
Je distingue un cheval puis une maison et un royaume.
Je referme les yeux et m’imprègne de cet univers.
Je suis une héroïne, tour à tour je chasse les dragons, les démons, suis une elfe ou une princesse, une personne que l’on trouve belle, douce et que l’on aime.

Mais déjà on m’appelle.

Je rouvre les yeux.

Je laisse mes rêves au soleil et me lève.
Déjà l’heure de rentrer.
Je baisse la tête et traîne les pieds, ferme la porte de mon royaume et ouvre celle de mon Présent.
Je voudrais une maman qui me berce quant j’ai peur, qui me comprenne et qui m’aime.
Je rejoins ma mère.
La porte c’est refermé.
Je garde sa clef bien au chaud au fond de moi, mon secret.
Je m’en empare le plus souvent possible et rejoins ce monde d’amour qui me manque tant tous les jours.
Mon monde imaginaire ou tout n’est que merveille.
Mon printemps.

 
Je ne suis plus une enfant.

Mais ce printemps est resté important.
Il soigne mon cœur, lui prodigue du bonheur, éloigne les rancœurs, me fait vivre à cent à l’heure, me dit que les problèmes seront pour tout à l’heure.
Mais pour que cette magie fonctionne il est indispensable que je lui réserve une place de choix dans ma vie afin de préserver cette part d’âme d’enfant, véritable arme face à l’ennui mais aussi aux ennemis que je croise dans la vie, qui revêtent tant de visages.

Une fois la porte fermée je sais qu’il m’est possible de la rouvrir car j’en ai la clef et si quelque fois il m’arrive de l’égarer, toujours un indice pour m’orienter, me guider vers elle. 
Il peut être humain, animal, végétal. Important car il me guide dans ma nuit.
Je ferme les yeux et visualise cette porte, m’approche de ce rayon de lumière qui s’échappe par l’interstice magique où j’introduis le passe tant convoité.

Enfin le soleil.

S’offre à moi ce monde plein de chaleur et de douceur qui me fait voir la vie autrement et qui l’enchante à bien des moments.
J’y redeviens cette enfant qui rêvait tant à ces mondes qui l’éloignaient de son quotidien et en faisaient une personne, que l’on aime.




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